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  • Merdado

Burn out !


Après un premier mois majoritairement consacré aux tâches ménagères, qui présentent l’avantage immense de remplir les mains et de vider la tête, hier soir j’ai explosé.

Trop de poubelles vidées, de linge plié, de serpillères essorées, d’aspirateur passé, de repas préparés la coupe était pleine.

Face à ma famille qui, vautrée sur le canapé, qui en fusion amoureuse avec un ou plusieurs écrans, je me suis mise à hurler, malgré les fenêtres grandes ouvertes, me fichant bien de savoir si les voisins entendaient : « plus de machines, plus de repassage, plus de repas, plus de ménage, je démissionne ! Vous mangerez des boites de thon, des tartines, ou des pates, ce que vous trouverez, vous vivrez dans la crasse comme des cochons, vos poubelles déborderont et les rats envahiront vos chambres, je m’en fous ! »

Portée par mon élan, j’ai ajouté :

« je me tire ! ».

Et de fait, joignant le geste à la parole, j’ai ouvert la porte d’entrée, encombrée de poubelles non jetées, pour me précipiter dehors, oubliant que j’étais encore en pyjama, pas coiffée, pas maquillée, et surtout, surtout, oubliant THE attestation de déplacement.

Prête à en découdre avec le premier policier assez fou pour me contrôler, j’ai décidé d’ignorer ces vétilles et courageusement affronté le monde du dehors.

Pas un chat dans les rues à cette heure tardive, quelques chiens tenus en laisse ou pas par leurs maîtres masqués ou pas.

J’avais aussi oublié mon masque, mon gel hydro alcoolique, mes gants, mes lingettes désinfectantes, tout ce qui fait la joie d’une sortie en période de confinement.

Oui mais j’étais vraiment au bout du rouleau. Alors, j’ai décidé de poursuivre ma fugue.

Très vite, les vitrines vides des magasins, les cafés désertiques, les rideaux baissés des devantures, ont failli avoir raison de ma détermination.

Où se réfugier quand on n’en peut plus ?

Je me suis dit que contempler la Seine m’offrirait peut-être un peu d’apaisement, à défaut d’un verre de vin partagé avec une copine.

Penchée au-dessus de la balustrade du pont, j’ai aperçu deux cygnes et trois canards barbotant dans une eau presque limpide. Et des cerisiers en fleurs.

Autour des arbres, un petit jardin partagé ou de jolies fleurs pointaient le bout de leur nez.

Un peu rassérénée mais pas encore décidée à regagner le loft, j’ai poursuivi ma promenade.

Je rentrerai quand je serai prête à affronter ma famille d’ingrats…

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