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Ce qui change, ce qui reste

Depuis le 11 mai, beaucoup de choses ont changé.

Ou pas.

D’abord il y a beaucoup plus de monde dans les rues. Partout en fait.

Mais ça, on commence à s’y habituer.

Depuis le week-end dernier, les parcs ont rouvert. Et ça c’est plutôt sympa. Surtout depuis qu’il pleut. Du coup, ils sont vides. Et l’herbe reprend ses couleurs. Depuis mardi dernier, les terrasses s’étalent dans les rues, monopolisant les places de parking (m’en fiche j’ai pas de voiture) et s’incrustant dans tous les coins disponibles du bitume aux trottoirs.

Mais ce qui change VRAIMENT, c’est tous ces petits gestes nouveaux qu’il faut apprivoiser.

Comme ce nouveau réflexe qui consiste à aller pêcher son masque au fond de son sac, avec deux doigts, avant d’entrer dans un magasin. Pour ensuite l’y ré enfouir en sortant.

Ou le gel hydro alcoolique devenu objet tendance, souvent customisé à l’entrée des magasins.

Et qui apparaît sur les tables des terrasses entre chaque convive.

La peur recule, les gestes dits « barrière » aussi.

Vu au parc ce week-end : des ados qui se font la bise. Ou se serrent la main. Avec un masque.

Vu au resto hier soir : des convives arrosés par la pluie se réfugiant à l’intérieur, collés les uns aux autres pour se réchauffer, au mépris de toute distanciation sociale.

Vu dans la rue : des gens masqués (ou pas), prenant dans leurs bras les enfants des autres pour un câlin.

Vécu chez moi : le chauffeur de taxi appelé pour emmener n°1 à son anniversaire surprise (extérieur, moins de 10) qui refuse de mettre son masque. « Mais moi madame, je ne crains rien ». C’est pas pour toi gros lourd, en plus c’est obligatoire. Il est reparti. En mettant son masque. Et en me facturant la course. No comment.

Ou encore n°2 qui ne sort jamais sans masque dans la rue, et qui monte dans le fameux kapten du samedi soir (post précédent) sans le mettre. Sa réponse : « bah maman, j’ai oublié ».

Certains doivent se plier à des règles drastiques. Exemple : l’école.

Le directeur de l’école de n°3 est enfermé dans son bureau (personne à risque) depuis lequel il pilote l’organisation équilibriste de ses classes. Masque, lavage des mains 8 fois par jours, déjeuner un par table, élèves isolés dans 4 m² dans leur classe, livres de la bibliothèque mis en quarantaine après chaque lecture. Et à côté de cela tout le monde fraternise sans souci des distances sociales dans les rues et ailleurs.

Dans les magasins, certains vendeurs m’affirment mettre en quarantaine les vêtements essayés par les clients. Et désinfecter les cabines d’essayage à chaque passage. Je n’y crois pas une minute. J’ai vu la chemise essayée par Perdado reprendre immédiatement le chemin du rayon non confiné. Et un autre client pénétrer immédiatement dans ladite cabine d’essayage. Auto-nettoyée ???

D’autres magasins interdisent les essayages mais acceptent les retours. Confinent-ils ces retours avant de les remettre en vente ? Je n’y crois pas non plus une minute.

Chacun fait comme il le peut avec des mesures souvent impossibles à tenir.

Seuls les écoliers, collégiens et lycéens semblent finalement continuer à se voir appliquées des mesures sanitaires sans fin qui empêchent la majorité d’entre eux de reprendre le chemin de l’école.

En revanche, les colonies de vacances peuvent partit cet été. Je me demande bien comment. Il faudra m’expliquer la distanciation sociale dans une tente de 2 m². Ou dans un dortoir.

Bienvenue dans le monde de l’absurde.

Recevoir chez soi ? Mettre un masque pour se promener ? Ne plus avoir peur ? Partir aux Bahamas ? Considérer que ce virus est derrière nous ?

Je l’avoue sans honte : je suis un peu perdue.

Et vous que faites-vous ?


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