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Enervement (encore)

Je vois fleurir sur Internet un tas d’articles sur les adolescents et le confinement :

« Faire face aux tensions du confinement avec les adolescents », « Les adolescents face au confinement », ou encore « Ce n’est pas le confinement qui embête les adolescents, c’est le confinement à proximité des parents », « Nos conseils pour bien vivre le confinement avec des adolescents ».

J’ai tout lu.

Et je suis énervée.

Mes enfants vous diraient : mais maman tu es tout le temps énervée.

C’est juste.

Je suis énervée parce que c’est sans doute ma façon à moi de lutter contre le découragement. Et qu’en dépit des multiples essais de méditation et pratique intensive du yoga, le naturel prend rapidement le dessus. Ma colère me protège sans doute de la dépression.

Mais trêve de digressions et revenons à ces multiples articles et/ou émissions censés prodiguer des conseils aux parents dépassés.

J’ai adoré cette phrase : « dans ce contexte particulier, les parents peuvent avoir le soin de ritualiser la longueur du jour avec des moments, par exemple, où l’enfant ou l’adolescent doit travailler seul, et des moments où on se retrouve tous ensemble. Le moment où ils peuvent travailler seuls d'ailleurs, est aussi le moment où les parents pourront se retrouver. »

La personne qui l’a écrite a-t-elle déjà expérimenté une seule journée avec des ados confinés ?

Sait-elle que tout dans cette phrase, me fait bondir ? Du choix des mots : « ritualiser » mot qui donnerait la nausée à tout ado normalement constitué (à condition qu’il le comprenne bien sûr), « travailler », même remarque : prononcer ce mot devant un ado revient à lancer une bombe dans un magasin de porcelaine. « Ensemble », même remarque. Si je dis à mes ados, « faisons quelque chose ensemble », elles risquent au mieux de me rire au nez, au pire de me lancer « t’es chelou » ou « même pas en rêve », voire « t’es perchée » ou pire.

Quant au fond, « les parents pourront se retrouver » …. Entre le télétravail, les tâches ménagères, les courses, la préparation des repas, et autres rigoleries, les parents ne se retrouvent pas. Ils s’engueulent, certes, et sans doute beaucoup plus qu’en temps normal. Mais, à moins de disposer de domestiques, d’un grand jardin ou d’un château, les parents se retrouvent surtout (au mieux) autour d’un verre de vin bien mérité (ou plus) après le temps d’applaudissement et en préparant le dîner. Sans aide….

Ajoutons que la phrase « ils peuvent travailleur seuls » me laisse perplexe. Dans cette phrase, le mot « seuls » est correct. « Seuls » est le but ultime recherché par les ados en temps normal et plus encore en temps de confinement. Mais l’ajout du verbe « travailler » me semble relever d’un optimisme exagéré. Si l’auteur avait écrit « le moment où ils peuvent chatter seuls » ou « le moment où ils sont peinards avec leurs séries ou leurs potes sur whatsapp ou insta », alors là oui, j’aurais trouvé ça adéquat. Vous l’avez compris, je suis encore énervée.

D’autant qu’une autre remarque m’a à nouveau fait sortir de mes gonds : « C’est peut-être aussi le moment où ils vont prendre conscience de la valeur des "choses sans prix" comme par exemple le fait d'avoir ses parents auprès de soi. » S’il vous plait, auteurs de cette phrase, venez chez moi, avec ou sans masque, au point où j’en suis et expliquez cela à mes enfants.

Franchement, vous y croyez, vous ? Le seul moment où ils sont contents de nous avoir auprès d’eux c’est quand ils ont besoin de passer une commande sur Internet (ils n’ont pas encore de carte bleue) ou de changer leur forfait de téléphone (ils ont explosé leur allocation de gigas…)

En plus, nul part, et j’ai bien cherché, je n’ai trouvé d’article proposant des conseils aux adolescents pour aider leurs parents !

Je propose donc à tous ces psys et journalistes de venir un petit moment chez moi. Après le 11 mai bien sûr. Ils seront peut être surpris….




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