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  • Merdado

La magie de Noël


Je m’adresse à tous ceux qui fêtent Noël mais surtout à ceux qui ne le fêtent pas…

Ma propre relation avec cette fête, compliquée, a beaucoup évoluée.

Enfant, il était hors de question de faire Noël. Nous on faisait Hannuka et pour mon père ça suffisait bien. Pas de sapin, pas de cadeau et bien sûr pas de Père Noël. J’enviais mes copains qui avaient tout cela et je me sentais exclue de tous ces préparatifs et festivités qui agitaient toute la France (sauf moi). La seule concession tolérée : une mini- bûche au chocolat et une truffe achetée religieusement par mon père, fan de ce champignon de luxe (mais aucun rapport avec Noël bien sûr).

Traditionnellement, le soir du 24 nous allions au cinéma ou au théâtre. Nous étions presque seuls. Ensuite, quand j’ai grandi, il y a eu les dîners de « paranoel », qui rassemblaient les amis qui ne fêtaient pas Noël. Une sorte de lot de consolation pour les exclus de Noël. Point de dinde ou d’huitres, mais quelques chips, du champagne et de la bonne humeur.

Après avoir eu des enfants, les choses ont évolué progressivement. Au début, le ficus a joué le rôle de sapin. Quelques guirlandes, deux trois boules, et hop c’était Noël. Perdado n’avait pas vraiment de tradition de Noël donc je n’avais pas trop de pression de ce côté-là.

Puis les enfants ont grandi, et le ficus, fatigué de porter ses décorations miteuses, a été remplacé au début par un petit sapin tout mignon. Puis le sapin a grandi au même rythme que les enfants. Mais ni père Noel ni cadeaux ni repas pantagruélique ne l’ont accompagné.

Parfois, par chance (ou pas) Hannuka coïncidait avec Noël et les enfants pouvaient donc avoir des cadeaux en même temps que leurs copains. Car, inutile de se mentir, Noël c’est surtout les cadeaux. Et l’occasion de dépenses somptuaires, déraisonnables, qui mettent parfois une famille sur la paille pour de longs mois.

Très longtemps j’ai regardé cette folie acheteuse avec dédain, avec répugnance même. J’observais cette course à la dépense, cette angoisse montante autour de moi pour trouver le « bon » cadeau, le repas parfait, toute cette énergie déployée pour une seule soirée, et je me sentais soulagée d’être « en dehors ». J’entendais les confidences de certains sur la difficulté à organiser le repas de Noël entre parents séparés, cousins fâchés, belle-famille insupportable voire carrément hostile et je me disais que j’étais contente de ne pas en être.

Et puis le Covid est arrivé.

Il a obligé les familles à réduire leurs ambitions de Noël ; entre ceux qui étaient fauchés, ceux qui ne pouvaient pas se déplacer, ceux qui avaient peur de la contagion, le dernier Noël a été tristoune. Cela ne s’est pas vraiment arrangé avec le temps. J’ai réalisé à quel point cela pouvait être important de se réunir et de se gâter finalement.

Mon Noël à moi n’a pas changé. Perdado a invité sa maman, 89 ans, qui s’en fiche complètement de la fête mais qui est contente de voir ses petits-enfants.

Numéro 1 a passé 2 jours à choisir une bûche pour finalement aller l’acheter au coin de la rue (elle a choisi une version XXL qui est à l’heure où j’écris, presque intacte dans le frigo, tellement elle est riche), Numéro 2 a boudé (as usual), nous expliquant que Noël c’était mieux chez les autres. Numéro 3 a bricolé et enfin trouvé le temps de construire ses legos offerts il y a 1 mois pour Hannuka (pas de chance cette année avec le calendrier).

Perdado a cuisiné à en perdre haleine mais ni dinde aux marrons (j’ai mis mon véto) ni huitres (personne n’aime ça).

On a regardé le Père Noël est une ordure pour la 551ème fois.

Tout le monde a beaucoup dormi.

Bref, un Noël très très calme. Loin de celui de certaines de mes amies qui m’ont écrit qu’elles vivaient un cauchemar (solidarité).

Heureusement, c’est fini. Retour à la vie normale.

Allez, joyeux Noël et rendez-vous dans une semaine pour le réveillon de fin d’année, autre ambiance, même combat.


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