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  • Merdado

Thérapie familiale

A l’un des moments les plus violents de l’adolescence de n°1 et n°2, et après avoir tenté diverses choses, je me suis dit qu’il était nécessaire que l’on aille consulter tous ensemble.

J’ai cherché, demandé, enquêté. Comme j’aime à le faire.

Tous les indicateurs m’ont menée vers une association spécialisée dans la médiation familiale.

Là m’attendait un parcours du combattant pour obtenir un rendez-vous.

J’ai supplié, harcelé, rappelé tous les deux jours, et finalement expliqué qu’il s’agissait d’une urgence. On m’a entendue. Et j’ai eu mon rendez-vous.

Le second parcours du combattant : convaincre les ados de venir avec moi.

Et là, ça a été plus difficile que d’obtenir un rendez-vous, croyez moi.

J’ai du batailler, menacer, et finalement négocier.

Je vous passe les « je suis pas folle, c’est toi qui doit aller voir un psy » ou les « j’ai pas que ça à faire ».

Le jour J, j’ai emmené mes 3 enfants, Perdado nous rejoignait là- bas. N°2 avait sa capcuhe sur la tête, elle regardait ses pieds. Elle m’avait prévenue : elle n’ouvrirait pas la bouche, on pouvait la torturer, elle ne dirait rien.

N°1 était plutôt intriguée : elle a toujours aimé les nouvelles aventures. Surtout si elle peut parler d’elle.

Quant à n°3, il avait pris carnet et stylos pour dessiner. Il n’était à vrai dire pas directement concerné, tout en l’étant quand même un peu en tant que (très jeune) membre de la famille dysfonctionnelle.

Notre première rencontre a eu lieu avec 2 psys. Un homme une femme. Dans une salle équipée d’un miroir sans tain. Et de caméras. Nous étions tous terrifiés à l’idée que l’on nous filme. Ou que l’on nous observe de derrière le miroir. Mais la psy nous a dit qu’il n’y avait personne. Je n’ai pas vérifié. Je n’ai pas osé.

Je passerai sur le déroulement de cette première séance qui a été suivie de beaucoup d’autre.

A la fin, la psy m’a prise à part et m’a glissé : « vous avez bien fait de venir me voir ».

No comment.

Les deux années suivantes, nous avons continué cahin caha à aller la voir. L’homme n’était plus là et nous n’étions plus que face à la psy, une jeune femme de caractère et qui en avait vu d’autres. Mais là, quand même, on lui donnait du fil à retordre.

N°2 était toujours hostile et même carrément dans l’opposition.

Je ne compte plus les fois où j’ai dû l’emmener de force, physiquement, sans compter celle ou j’ai du démonter la serrure de la salle de bains dans laquelle elle s’était enfermée.

Perdado et moi nous nous en sommes pris plein la figure.

Parfois l’un d’entre nous pleurait. Pas les ados.

Parfois j’avais envie de partir. D’ailleurs je l’ai fait. Une fois.

Je ne peux pas vraiment dire qu’il y a eu une fin à ces rencontres. Il y a juste eu un moment où on n’a plus eu la force de forcer tout le monde à y aller Perdado et moi.

La psy, avec qui nous avons fini par nouer des relations presque amicales, nous a confié que nous étions un « cas désespéré ». Enfin bien sûr elle n’a pas utilisé ces mots, ce ne sont pas des mots de psy. Mais cela revenait au même.

Cette thérapie familiale qui n’a finalement pas vraiment aboutie n’est pas pour moi un échec. Elle est l’une des petites graines que nous avons plantée, Perdado et moi, qui va peut-être pousser, qui a déjà peut-être poussé. Et qui un jour se transformera, espérons-le, en belle plante. Peut-être, pas sûr. Mais au moins, nous pourrons nous dire : on a essayé.

Ce post n’est pas très drôle pour une fois, désolée. Mais je sais que parmi ceux qui me lisent (ou plutôt celles…), il y en a qui vivent de sales moments, des moments de doute de désespoir. Et le but de mon blog, hormis de vous faire rire, parfois, c’est aussi de partager, de vous dire que vous n’êtes pas seuls. Que d’autres familles, et elles sont bien plus nombreuses que vous ne le croyez, traversent des périodes difficiles, durant lesquels elles se sentent très seules et démunies. Vous n’êtes pas seuls. Ecrivez moi.


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