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#Ukraine


Depuis quelques jours, depuis en fait la fin du mois de février, je me trouve en état de sidération. Ce qui explique sans doute mon incapacité à écrire de nouveaux posts sur ce blog. Mais aussi ma difficulté à me mettre au travail. Ce post donc, ne va pas être rigolo, désolée. Mais je suis incapable de me livrer à mon exercice habituel.

Alors rassurez-vous : je n’ai pas perdu mon sens de l’humour.

Si, un peu quand même. Mais ça va revenir.

Mais branchée quasiment 24h/24 sur les chaînes d’info (pas BFM quand même) ou la radio, j’ai du mal à émerger.

Mes trois numéros d’enfants ont voté une résolution : interdiction de prononcer les mots Ukraine, guerre, invasion, réfugiés, bombardements et j’en passe.

On se croirait chez Putine.

Je contourne la censure en utilisant d’autres termes, mais je suis bientôt à court car ces nouveaux termes ont été vite interdits par le Politburo de chez moi.

Comme je n’ai pas non plus le droit de prononcer le mot « covid » ou « épidémie », mon champ de discussions se réduit peu à peu.

Je me rabats sur la campagne présidentielle et les candidats mais las, mes propos interfèrent parfois avec l’Ukraine ou le Covid ce qui me laisse finalement peu de mots ou de sujets tolérés (les retraites ? Vous pensez combien les enfants s’en fichent).

Je me retrouve donc dans mon bureau en compagnie de LCI en fond d’écran, j’ai tellement peur de rater quelque chose que je n’éteins jamais. Même sous ma douche, j’écoute les infos en continu.

N°1, 2 et 3 désormais unis (pour une fois) contre ce qu’ils qualifient mon obsession morbide, ont fermé la porte, pour ne plus entendre les infos en permanence.

Je vis bunkerisée dans mon petit bureau (pas vraiment un bureau, plutôt un coin aménagé avec la télé que je n’allume qu’après 21h – toujours sur LCI- le reste de la journée c’est mon ordi qui prend le relais).

Alors je tente quelques sorties, un café, un verre, qui me permettent de contourner la censure familiale. Je tente aussi de lancer des actions auprès des écoles de N°2 et 3.

Je dépose des colis au centre de collecte de mon quartier.

Je fais des gâteaux plusieurs fois par jour (mes écouteurs sur les oreilles bien sûr) au grand dam de N°1 qui ne peut plus en avaler une bouchée.

Je sympathise avec mes voisins Moldaves (non réfugiés) qui vivent dans la peur que leur petit pays soit envahi et que la nourriture vienne à manquer chez eux.

Je regarde le compte Instagram du nouveau héros Zelensky en priant (bien que je ne prie pas trop habituellement) pour qu’il reste en vie.

Ce matin n°3 part tard à l’école. Il me surprend en pleine séance d’écoute de LCI (j’ai oublié de baisser le son). Il me lance un regard à la fois inquiet et énervé : Maman, dit-il, il faut que tu décroches. Tu ne peux rien faire. Je sais, mais c’est insupportable.

Gloire à l’Ukraine, au peuple Ukrainien, à Zelensky, que leur courage et leur ténacité nous inspirent.


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